Nous sommes en 1951, la menace soviétique, augmentant en Europe, l’OTAN décide de construire des bases aériennes en Allemagne et en France.
La base aérienne de Metz Frescaty, occupée par les Américains après la libération, n'est pas en mesure d'accueillir une unité tactique de l'USAFE (US Air Force en Europe).
L’ancien terrain d’aviation, de Rosières, sera donc choisi, en fonction de son histoire aéronautique lors de la Seconde Guerre et du fait de sa disponibilité du moment. En effet, l’ancienne base américaine de Rosy, construite en septembre 1944, est restée dans la mémoire collective, et le hérisson de pierres et de gravillons, utilisé pour assécher le terrain, empêche toute culture.
 
 

 

 

. La France, propose donc à l’US Air Force, l’ancien terrain d’aviation de la Seconde Guerre mondiale. L'ancienne piste de 1550 mètres est toujours en place, son état est cependant bien détérioré, aucune réparation n'a été effectuée depuis 1945. D'autre part, l'administration des ponts-et-chaussées, refuse que l'on abatte la forêt, il faudra donc construire la nouvelle base autour des arbres…

 C'est le 19 décembre 1951 que les premiers américains foulent le terrain de Rosières. Le 7412th support squadron est mis en place pour préparer l'arrivée des avions.

Le premier janvier 1952, la piste est cédée à l'USAF. Le 29 janvier 1952, les premiers avions arrivent sur le site. Il s’agit de la 117ème escadre de reconnaissance tactique (117 th Tactical Reconnaissance Wing).
Malheureusement pour les hommes de cette unité, les bâtiments ne sont pas encore construits, la base ressemble à un véritable champ de boue, qui n’est pas sans rappeler la situation des sapeurs du 850th bataillon du génie en septembre 1944. Le camp de toile, prévu initialement, n'est pas monté. Le mess ne fonctionne pas encore, la plomberie des sanitaires n'est pas installée, il n'y a pas d'ateliers pour les avions, et l'électricité n'est pas encore installée


Les personnels de l'escadre sont installés dans deux anciennes casernes de l'armée française. Ces casernes datent de 1870 et ont subi des dégâts pendant la dernière guerre. Aucune réparation n'a été effectuée…l'État-major de l'escadre, le 117 th hospital et le 117 th Air Base Group s'installent dans la caserne du Luxembourg, à Dommartin-lès-Toul, tandis que le 117 th Maintenance et Supply Group, ses escadrons et le 117 th Reconnaissance squadron s'installent dans la caserne Duroc située à Pont-à-Mousson…l'éloignement, 15 km pour Dommartin-lès-Toul et une vingtaine pour la caserne Duroc de Pont-à-Mousson sont un handicap au bon déroulement des missions. En plus, ces casernements, très spartiates, sans eau courante ni chauffage ni électricité ne concourent pas à remonter le moral des troupes. Les personnels de la 117 th TRW, qui sortent de la guerre de Corée, doivent s'accommoder de cette situation, en revanche, ils ont l'impression d'avoir perdu la guerre de Corée et d'être devenus des prisonniers de guerre…

 

 

 Le génie américain va faire appel à des entreprises françaises pour la construction des bâtiments et des installations. On relève le nom des entreprises OSSUDE et BLANC, qui a été maître d'oeuvre de Pierrelatte, Mondragon, pour la construction de la piste. Les entreprises Déchirons et Bacci, se partageront les terrassements et l'édification des bâtiments.

L'avancement des travaux permettra au personnel de regagner la base au mois de mai 1952. Le camp de toile qui a été installé comprend 235 tentes, chaque tente accueille huit hommes. Les conditions de vie sont supérieures à celles des casernes mais bien inférieures au standard américain, et il reste encore des points sombres comme le mauvais drainage des sanitaires empêchant toute utilisation normale…

Le 322th Engineer Aviation Group et un détachement du groupe de topographie sont chargés d'effectuer les tracés.






 


 Monsieur PETITJEAN, alors maire de Rosières en 1984, nous parle, lors d'un interview, de cette époque..."L'emprise de la base, soit 340 hectares, représente le tiers de la surface du bois communal, et l'obligation, pour certains résidents, de quitter la terre. La base accueille, à cette époque, entre 3000 et 4000 américains. Certains sont dans des roulottes aux alentours. Il y a beaucoup plus de circulation que d'habitude. C'est l'époque où les habitants découvrent la gomme à mâcher, les cigarettes US...un petit morceau du Texas laisse échapper sa fragrance sous la forme d'un bar restaurant et dancing, l'équivalent d'un cabaret au nom prédestiné puisqu'il sera baptisé "EL- RANCHO". L'état civil de la commune va enregistrer 450 naissances alors que la population de l'époque ne compte que 170 âmes...

 

 

 La base ne dispose que d'une piste en plaques PSP. Il n'y a pas d'installations opérationnelles. Le taxi-way, qui peut alors servir de piste de secours, est à peine achevé à 50%. La fameuse serpentine, qui permet aux avions de rejoindre l'escadron situé le long de la départementale 411 n'existe pas encore...

 
la 117th TRW est composée de trois escadrons :

le 112th TRS de la garde nationale de l'Ohio
 


                                le 157th TRS de la garde nationale de la Caroline du Sud 
                                    le 160th TRS de la garde nationale de l'Alabama, 


et le 117th Air Base Group, unité de soutien de l'escadre de reconnaissance.


Le 112th TRS, était équipé initialement de dix-huit B26 Invader, bombardier bimoteurs d’attaque utilisé lors de la Seconde Guerre. À partir de juin 1951, il reçoit des avions modifiés en version reconnaissance, des RB26C-DT. Les 157 th TRS et 160 th TRS, étaient équipés initialement de P51D. Dans le courant de l'été 1951, ils se transforment sur RF80A, avion à réaction en version reconnaissance. Chaque escadron reçoit 18 appareils RF8OA-LO.
Le 117th Air Base Group est équipé d'un C47A et de trois T33A dont un pour le 157 th et un pour le 160th.

Les RB26C sont employés pour des missions de reconnaissance nocturnes, les RF80A sont employés pour des missions de reconnaissance de jour.

 le terrain est encore en pleine construction. Les entreprises choisies pour la construction des installations sont pressées par le commandement pour aller vite, ce qui ne donne rien de bon, le ciment de la piste se désagrège, des boursouflures apparaissent présageant des ingestions de particules étrangères par les réacteurs des RF80A.

Le commandement estime alors que la situation n’est pas viable et sécurisante.

Le Colonel ALLISON, commandant la 117th TRW, estime que les conditions de sécurité ne sont pas réunies pour une utilisation normale du terrain. Il est alors décidé de déployer les avions sur d’autres bases en Allemagne. C’est ainsi qu’à la fin du mois de janvier 1952, Le 112 th TRS rejoint la base de Wiesbaden, le 157 th TRS rejoint la base de Fürstenfeldbruck et le 160 th TRS rejoint la base de Neubiberg.

Malheureusement, la base de Wiesbaden devient trop petite pour le nombre d'avions affectés. En juillet 1952, le 112 th TRS regagne TRAB. Les ateliers pour avions ne sont toujours pas construits.
Les mécaniciens du 112 th vont se lancer dans la confection d'abris pour pouvoir travailler sur les avions…En somme, ils vont copier notre système "D"…


  vue des tentes réalisées par les mécaniciens pour pouvoir travailler au-dehors sur RB26C



les RF8O A sur TRAB...
 


 

 Les B26 effectuent des missions de nuit. Lorsque les B26 vont déchirer le ciel de Rosières, cela ne sera pas sans rappeler aux habitants certains raids de la dernière guerre...


Le 112th TRS restera sur TRAB jusqu'au 9 juillet 1952, date à laquelle la 117th TRW sera retirée du service actif.

 

 Le 10 juillet 1952, LA 117 th TRW se transforme en 10th TRW. Cette unité reprend les missions de la 117 TRW. Matériels et hommes sont répartis. Le 112th TRS est rebaptisé 1st TRS. il continuera ses missions à partir de TRAB. Suite à une réorganisation de l'USAFE, il rejoindra Spangdahlem en Allemagne. Il ne restera plus sur TRAB que le bataillon de support.


A partir de 1953, plusieurs chantiers vont être ouverts sur TRAB. Il s'agit de la construction de la piste, de la tour de contrôle, des magasins de ravitaillement, de la voie ferrée, des chaufferies, de la salle de cinéma, de la chapelle et des différents bâtiments pour le logement et les services.

 En novembre 1953, Toul Rosières Air Base est considérée comme achevée, en ce qui concerne l'infrastructure. Une nouvelle unité se pose sur le terrain. Il s'agit de la 465th Troup Carrier Wing, composée de trois escadrons, le 780th TCS, le 781st TCS et le 782nd TCS. Les escadrons sont équipés de C119 Flying Boxcar, l'escadre possède également un L20A Beaver et un Dakota. Malheureusement, les installations techniques ne sont pas complètement terminées et les avions sont déployés en Allemagne en attendant.

 

 

 Les américains qui débarquent à Rosières ont encore en tête la description des anciens de la seconde Guerre...la boue reste le problème majeur et l'hiver 53-54 restera omniprésent dans leur mémoire...le froid, la pluie, la neige et les habitations rudimentaires sont le lot quotidien des hommes affectés sur le terrain. Les baraques sommaires, en bois recouvert de toile bitumeuse sont leurs seules habitations, le chauffage est poussé à fond pour supporter les longues nuits glaciales...

 Le 8 mai 1954, au cours d'une cérémonie présidée par le Général NORDSTADT, commandant en chef l'US Air Force en Europe (USAFE), et en présence des Ambassadeurs Américain et Français, la base aérienne est officiellement affectée à l'OTAN et prend le nom de Toul Rosières Air Base, autrement dit, "TRAB".  L'aménagement de la zone vie se poursuit à grand train, néanmoins, la commission de réception est très sévère et les reprises sont nombreuses. Le moindre petit détail est relevé, depuis la plus petite fissure jusqu'aux désordres dans les soubassements, qui s'affaissent ou fuient par temps de forte pluie...rien n'est épargné aux entreprises qui doivent remettre un travail soigné et parfait...


 

 

 En avril 1954, la 465th TRW revient sur TRAB. Chaque escadron possède sa couleur de tradition. Le rouge est celle du 780th, le bleu celle du 781st et le vert celle du 782nd. La mission de l'unité est polyvalente. Elle dépend de la 12° Air force.

Elle effectue l'approvisionnement des bases américaines en Europe, des missions de liaison et de support dans les pays de l'OTAN Où se situent des ambassades américaines, elle participe aux missions humanitaires lors des tremblements de terre en Afrique, lors de la sécheresse en Inde et de vols réguliers vers les bases installées au Maroc, en Grèce et en Turquie.

Aucune mission ne résiste à cet appareil. Toutes les six semaines, des C119 se rendent à Wheelus, en Libye, où les unités américaines stationnées en Europe effectuent leurs campagnes de tir


 L'escadre est rattachée à la 322éme Air Division. Le 780th s'installe dans la zone de l'ex escadron 02.011. Bien que la mission principale de cette unité soit le transport de troupes, ce qui est clairement indiqué sur le haut de la porte de l'appareil (Troop Carrier) si l'on se penche sur les archives, il a transporté plus de troupes françaises ou anglaises que de troupes américaines. Le C119 transporte tout et rien...Selon l'humour américain, il est surnommé "Trash carrier" ce qui revient à dire, en traduisant littéralement l'expression, transporteur de déchets...d'ailleurs, les C119 sont surnommés les "poubelles volantes". L'escadre comportait 54 appareils

 
 

Les C119 du 780th TRS en zone ex 02.011.

Le 780th possédait 8 appareils...d'une envergure de 33,30m il mesure 213,36m de long est est équipé de deux moteurs à pistons Pratt & Whitney développant chacun 3500CV sa vitesse de croisière est de 255 noeuds, il peut emporter 33,748T de fret, l'équipage est composé de quatre hommes, en version transport de troupe, il emmène 62 passagers avec équipement complet. Le premier vol de l'appareil remonte à novembre 1947.




   

780th Troop Carrier Squadron                         781th Troop Carrier Squadron               782th Troop Carrier Squadron 

18 C 119 Flying Boxcar                                           18 C 119 Flying Boxcar                               18 C 119 Flying Boxcar

Le 465th Air Base Group, chargé de la maintenance des avions de l'escadre, possède un C 47A, un C47 B et un L 20A Beaver.

Les américains qui sont affectés sur TRAB se posent tous la même question "Que faisons nous ici ? pourquoi sommes-nous là ?" mais que disait-on aux pilotes ?


A ces hommes désignés pour l'Europe dans le cadre des missions OTAN, le discours était des plus simples. "Attention, ici vous êtes habitués à de grands espaces aériens, libres de toute activité humaine. La bas, vous ne cesserez de survoler des villes, des villages, des champs et des routes. La découverte de l'espace aérien ne sera pas de tout repos. Quand au climat, vous trouverez autant de brumes et de pluie qu'il y a ici de soleil ! Alors soyez prêts et attendez vous au pire..."

Le briefing final n'avait pas été des plus roses..." Si vous devez vous éjecter en mer, vos chances de survie dépendent de deux choses : votre combinaison de survie en caoutchouc et votre canot de sauvetage. Cette combinaison est difforme et inconfortable, et tellement serrée aux poignets et au cou qu'il vous faudra du talc pour bébé ! Sans elle vos chances ne dépassent pas trois minutes ; avec elle quinze minutes...juste le temps de grimper dans votre canot et d'attendre les secours..."

 
 

 Que disait-on aux familles qui suivaient les hommes ?  " Les maisons pour familles que l'on peut trouver aux alentours des bases sont bien en dessous des standards US. Pas de chauffage central, toilettes situées le plus souvent dans la cour, à l'extérieur...Certaines maisons comportent des locaux d'habitation à l'étage, le rez-de-chaussée fait office d'étable pour les animaux...les bâtisses en pierres et en briques sont très difficiles à chauffer, les meublés sont réduits au strict minimum et les meubles sont en général très vieux...il est recommandé de ne pas acheter des produits laitiers sur le marché, pas plus que des fruits ou des légumes, tous ces aliments ne correspondent pas aux normes de consommation américaines...l'eau courante n'est pas purifiée, il est recommandé de ne boire que l'eau en bouteille...les français sont des quémandeurs, ils attendent un pourboire lorsqu'on leur demande un service...les femmes sont légères, attention danger !...

Il est plus facile de comprendre pourquoi une partie de la base de TRAB va ressembler à une petite ville...la famille américaine, déracinée pour les besoins de la cause, va vouloir retrouver sa façon de vivre "made-in USA", il y aura donc sur TRAB, un bowling, un cinéma, des clubs masculins et féminins, des scouts, un ball-trap, un golf, une chapelle, il y aura même l'hôpital et la maternité,le fameux BX où l'on trouvera tous les produits made in USA, avec une boucherie (on peut encore voir les crochets servant à manipuler les carcasses dans le bâtiment qui était réservé au magasin des vivres) il y aura un tribunal avec président, juges, avocats, une prison (et oui) deux emplacements pour les caravanes des familles (les fameux trailers) En ce qui concerne les délais pour se voir octroyer une maison, le délai est de 30 mois pour les familles des engagés (les Enlisted Men) 18 mois pour les officiers et si les familles acceptent d'aller se loger à Chambley, autre base américaine, le délai est réduit à 10 mois.

 
 

 On ajoute donc 203 trailers aux existants, on ajoute, parfois, un appentis en bois pour obtenir une ou deux pièces supplémentaires et la vie continue son petit bonhomme de chemin...



 Au vu des délais pour se faire affecter une villa, la construction d'une cité américaine est programmée, c'est ainsi que la cité TOULAIRE, près de Liverdun, est née...320 résidences sont prévues (dont 138 pour officiers et 182 pour les engagés) Logement d'Etat, ces villas sont louées à raison de 105$ pour deux chambres et 120$ pour trois chambres...

On construira également une cité baptisée REGINA près de la ville de Toul...autre inquiétude pour les familles, les emplacements pour trailers sur la base ne seront achevés qu'en 1956, les premières familles auront donc vécu d'une façon très spartiate de 1952 à 1956, avec des douches collectives, sans station d'épuration et en faisant, contre mauvaise fortune, bon coeur !

 
 

Le décalage entre les deux modes de vie est flagrant. N'oublions pas que nous sommes en 1952, nos campagnes sont encore bien particulières pour l'oeil américain...la richesse du paysan de Rosières se mesure à la hauteur de son tas de fumier...l'américain qui débarque dans le village ne peut concevoir ce mode de vie et c'est ainsi que Rosières sera surnommé "le village parfumé..."

le français n'offre pas le thé ou le café aussi spontanément que l'américain, mais le café lorrain n'a rien à voir avec le café américain qui n'est considéré que comme de l'eau teintée...

les américains, qui sont de nature curieuse, ne peuvent pas pénétrer dans les maisons lorraines pour les visiter comme ils l'aimeraient, il y a une certaine réticence de la part des paysans qui n'acceptent pas d'étrangers à la maison...dans nos petits villages, le moindre mouvement est épié, les gens sont derrière leurs fenêtres, une habitude qui n'a pas cours en Amérique et voilà nos américains qui ont l'impression d'être surveillés en permanence...

d'un autre côté lorsque les paysans ouvrent leur demeure à la curiosité des américains, ils sont surpris du comportement de leurs visiteurs." Ces américains, ils se croient chez eux, ils touchent à tout, ils visitent les chambres, ils se servent dans le frigo !

" autre pays, autres moeurs", pas toujours compris d'un côté comme de l'autre...

Les épouses américaines ne se lient pas volontiers avec le tissu local. Elles ne sortent pratiquement pas.

Elles évoquent la peur de conduire ou d'être conduites sur des routes dangereuses...en effet la largeur des routes en France n'a rien à voir avec celle des routes américaines...d'ailleurs, les voitures américaines qui ont été apporté n'ont rien à voir avec nos voitures du moment.

Nous sommes à l'époque de la 4CV Renault, les américains, eux, sont à l'époque de la Buick, des grosses voitures que nos paysans n'ont jamais vu sur les petites routes de campagne...

Les ouvriers français qui travaillent sur la base sont autorisés à pénétrer avec leur voiture, lorsqu'ils en ont une, et sous réserve que le modèle soit agréé...

il n'y aura qu'un modèle de voiture qui sera refusé par les autorités américaines, c'est la fameuse 2CV, notre bonne vieille "Deuche", qui restera en dehors de TRAB pour la raison officielle "NO SECURITY !" vraiment pas "cool" nos Alliés (bien que sur certains clichés de la base, on aperçoive des 2CV en stationnement, peut être des intervenants de sociétés civiles ?)

 

 

Réputés pour être très sectaires, nos américains finiront, tout de même, par se faire à nos produits, ou tout du moins à certains de nos produits...

Un avion C124 GLOBEMASTER, viendra tous les matins de Wiesbaden, en Allemagne, à 5h15 très exactement, et ce, pour effectuer le ravitaillement des quatre bases du secteur...et que chargent les américains dans ce mastodonte ?

Du pain, du pain bien français, fabriqué, pour une part, par le boulanger de SAIZERAIS et aussi du vin, du vin bien français, mais chut, cette opération quotidienne est presque classée" top secret"...

 C'est grâce à l'AFEX (Air Force Exchange service) un organisme civil de vente d'articles divers, sous contrat avec l'armée, que les familles vont pouvoir se procurer sur TRAB les mêmes articles que dans les magasins américains. Vendus à des prix détaxés, imbattables vis à vis du commerce local, TRAB fonctionnera, pratiquement, en circuit fermé.

 
 

 Ce supermarché, surnommé BX (prononcez Bi-Ex), regorge de produits "made in USA"...ses rayonnages sont toujours garnis, on y trouve des bijoux de chez Cartier, des meubles de style, des tailleurs anglais et bien d'autres choses... les familles peuvent s'approvisionner sans problème, le crédit made in USA est roi ici...la banque est sur place.

 Ce magasin attire même les familles des bases voisines, et en particulier celles de la base de Chambley...il y a un va et vient de familles américaines sur TRAB...

 

 Le 23 mai 1955, le 465th TCW quitte TRAB pour se replier sur la base d'Evreux-Fauville en France. Le 7430th Air Base Squadron est mis en place sur TRAB pour s'occuper de la base. Il dispose d'un C47 et d'un L20A Beaver. La base de TRAB passe en DOB (dispersed opérating base)... mais si TRAB n'a plus d'unité aérienne en place, elle peut accueillir d'autres aéronefs en provenance des USA.

 

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