Faisons un rapide tour de la base et de ses installations.

 Derrière le grillage se trouve la partie américaine avec ses bâtiments clairs et uniformes, sa pelouse peignée et ses rues au cordeau...

Ce fameux grillage est donc une frontière entre deux mondes...

Pour ne pas se dépayser de trop, les Américains ont baptisé les rues avec les mêmes appellations qu'au pays...

tout est fait pour que l'ambiance "Made in USA" imprègne les lieux...

La porte d'entré (Main Gate) se situe sur la route qui mène vers Tremblecourt.

On trouve bien un poste de sortie sur la nationale 411 mais il n'est pas ouvert en permanence.

Cette porte d'entrée a changé d'aspect plusieurs fois au cours de l'histoire de TRAB. Elle permet d'entrer sur le terrain après le contrôle...




A partir de l'inauguration officielle de la base et son appellation Toul Rosières Air Base, l'entrée changera de "look"...

Le panneau frontal "Toul Rosières Air base" sera ajouté.


La route qui se trouve face à vous est "l'avenue de New York"

En avançant sur cette avenue, vous allez découvrir sur votre gauche, les bâtiments de la police (Air Police).


C'est là que se tiennent les parties gendarmerie française et américaine (avec les MP de garde) sur la photographie vous pouvez admirer un MP en tenue de l'époque, devant la tente provisoire avant la finition des bâtiments (nous sommes en 1952 au début des constructions)

La police à l'intérieur de la base est effectuée par la MP. Lorsque des incidents sont enregistrés à l'extérieur de la base, alors la gendarmerie française prend le relai pour traiter le problème, en relation, par la suite, avec la MP (comme nous l'avons dit plus haut, à l'extérieur du grillage c'est la France et la MP n'est plus compétente)...

Et si contrevenant il y a, alors il passe devant le tribunal de TRAB et, selon le verdict du juge, il rejoint la prison de TRAB pour purger sa peine ou ses quartiers sur la base...


continuons notre marche sur l'avenue, à droite nous trouvons les bâtiments d'hébergement des hommes de troupe (les Air-men's billets)

Une douzaine de personnes vivent dans des chambrées, il y a quatre chambrée par étage, là entre les armoires et les lits à deux étages il n'y a pas beaucoup de place, heureusement les hommes disposent de salles de repos avec radio et phonographes, fauteuils relax etc.

Les baraquements sont toutefois situés près des services...Il y a deux rangées de bâtiments, séparés par une route appelée "Squadron Lane"



Sur la gauche de l'avenue de New York, et après les bâtiments de l'Air police, nous trouvons les logements des officiers.

Mêmes bâtiments, mais à un détail important, les bâtiments officiers sont composés de chambres à un ou deux lits, avec bureau et salle de bains commune à deux chambres...

Toujours sur votre gauche et au croisement de New york avenue et seven street, se trouve le club officiers.

On y trouve des salles à manger, des aires de repos et un snack bar.

Des concours de bridge et autres jeux sont organisés dans ce bâtiment.


A droite, vous trouvez le service club et snack bar. Le service club comporte une grande salle de billards, une salle de lecture avec bibliothèque (15.000 volumes et tous les best-sellers et magazines US) un salon de repos avec télévision pour suivre les nouvelles d'Amérique, seul ombre au tableau, les nouvelles viennent par bateau et il y a un décalage d'un mois...

Une piste de danse en matériau spécial made in US, sans entretien et utilisable à tout moment. Le service club est tenu par du personnel masculin civil de l'armée et peut être fréquenté par tous.

Le snack, quant à lui, est une vaste cafétéria avec salle à manger. Il est ouvert à tous, même les personnels civils français peuvent venir déjeuner pour 25 cents (1,25 Frs de l'époque). Horaires d'ouverture de 9 heures du matin à 23 heures

La cafétéria propose de la nourriture à l'américaine.

Ce sont des employés français qui préparent la nourriture.

Les GI's sont très satisfaits de cette façon de faire et un adage circule de bouche à bouche :

"Rien ne peut être comparé à un cheeseburger préparé par un français"

La plupart des américains préfèrent manger là ou dans un club, plutôt qu'au mess de la base.

En face du service club et de l'autre côté de la seven-street, se trouve le cinéma.

On peut assister à la projection des meilleurs films US. Il y a trois séances le week end à 25 cents, avec une consommation tout à fait américaine de pop corn et de glaces...

Il y a aussi du théâtre


Si vous tournez à gauche dans la seven street, vous passez devant le bâtiment du commissary.

C'est un magasin de l'AFEX, on y trouve de la viande sous vitrine réfrigérée et des produits surgelés.

Si vous continuez vers la piste, vous passez devant le quartier général de l'Escadre et un peu plus loin, son annexe.

Ce bâtiment deviendra le PC de la BA 136 et abritera les bureaux des Moyens techniques et du commissariat...

 

 Revenons sur la droite du croisement de New york avenue et seven street.

Après le cinéma théâtre, se trouvait un bâtiment "classVI" débit de boissons, ensuite un bâtiment appelé Toys-land, on y trouvait un tailleur, un photographe, un cordonnier, etc.

Derrière Toys land, se trouvait une banque, un bureau de l'Américan-express, qui permettait de faire toutes les opérations financières.

ces bâtiments seront démontés après la reprise des installations par les Français...


Revenons au croisement et poursuivons dans New york avenue.

Nous arrivons sur le gymnase. Derrière ce bâtiment se trouvait un terrain de base ball, des tennis et un terrain de football. Le sport a une grande audience.

Les "Toul Tigers" étaient très appréciés. Ils ont gagné en 1956 et 1957 le championnat de France des équipes militaires US stationnées en France. En 1958, ils se sont classés premiers au championnat de tennis, de bowling et de Track (randonnées recherches ou équivalent de course d'orientation française).

Les employés français ont créé une équipe de football, les diables noirs. Cette équipe a disputé de nombreux matchs contre les américains...Il y avait également un sauna dans la partie gauche au fond du gymnase.

Tournons maintenant à droite et empruntons la Chapel Drive où se trouve la chapelle.

Elle ne fut pas construite là par hasard. En effet, elle se situe au centre des parcs de trailers, près de l'hôpital et de l'école.

La chapelle abritera trois cultes : catholique, protestant et israélite. Les américains, étant des gens très pragmatiques, un bâtiment de quatre pièces, abritera les secrétariat des différents cultes et la dernière pièce servira de chapelle pour la messe en semaine.

A l'intérieur du confessionnal, une corde, elle sert à actionner la cloche de la chapelle. La sonnerie électronique du départ a été abandonnée car elle créait des interférences avec les équipements électroniques de la base...

De forme rectangulaire avec un côté de 30m de long et un autre de 15m de large, la chapelle pouvait accueillir 300 personnes.

L'accès se faisait par un hall dans lequel étaient disposées des bibliothèques tournantes permettant aux fidèles de choisir un livre de spiritualité en fonction de son culte...

Chaque dossier de banc était muni d'un casier dans lequel les fidèles trouvaient le livre de prière correspondant à sa religion.

A la fin des offices, une grande salle était à la disposition des fidèles qui désiraient se rencontrer et partager une tasse de thé de café ou, tout simplement, prendre l'apéritif.

 

Le 30 décembre 1961, la chapelle reçoit la visite du cardinal Spellmann, archevêque de New-york et évêque aux armées américaines.

L'évêque de Nancy, Monseigneur Pirolley , ainsi que le clergé local, étaient présents.

Cet événement fait l'objet d'un article dans le journal local "Toul Tiger", c'était la première fois qu'un Archevêque de la ville de New-york et de surcroît évêque aux armées américaines se rendait en France...


Le Cardinal Spellmann, pour marquer son passage, offre à chacun une médaille et un paquet de cigarettes avec un texte conçut ainsi : "Ma prière permanente c'est que Dieu vous soutienne et vous protège, vous les hommes de nos forces armées, et qu'il apporte partout une paix durable à tous les homme."

On reconnaît là l'idée américaine de pérenniser cette visite sur un paquet de cigarettes...

Après la décision de retrait des troupes US de France, Le culte catholique prendra fin le 11 décembre 1966 et le culte protestant le 15 janvier 1967.

La chapelle sera remise au commandement civil le 27 janvier 1967. Les offices seront maintenus dans les bâtiments du commandement civil. C'est le 26 février 1967 que tout prendra fin avec le départ des aumôniers américains.

Pour la petite histoire, la chapelle sera visitée par les pays adhérents à la FCPE dans le cadre du désarmement entre l'OTAN et le pacte de Varsovie.

En effet, à cause de ses portes de plus de deux mètres, elle entrait dans le cadre des bâtiments pouvant être visités pour vérifier l'absence de matériel d'armement...

 

A droite de la chapelle, un petit bâtiment était occupé par le vétérinaire qui soignait tous les animaux de la base et des familles.

Ce bâtiment sera repris par l'aumônier français par la suite.



En continuant la rue de Chappel Drive, vous arrivez au croisement avec Manhattan avenue.

Tournez sur votre gauche et vous arriverez à l'hôpital américain de TRAB


Très moderne et surtout très bien équipé, il possède deux salles de chirurgie et une maternité.

Il est moins important que l'hôpital Jeanne d'Arc de Toul mais il draine le plus grand nombre de malades et de blessés.

 La maternité reçoit les femmes des cités de Toulaire, Régina et des bases de Chambley et des environs.

Sa pharmacie est une des plus importantes de la région. Il dispose d'un ensemble réfrigéré pour les morts (morgue)

Une sous-station de chauffage avec air ventilé est placé sous l'hôpital pour chauffer l'ensemble. Il fonctionne sous la direction de l'air Hospital de Wiesbaden en Allemagne, où l'on transporte les cas les plus graves.



Parallèle à l'hôpital se trouve le dentiste.

TRAB possédait tous les services de soins à la personne pour pouvoir vivre en parfaite autarcie...


Le long de Manhattan avenue, se trouvent les magasins et la voie de chemin de fer qui relie la croix de Metz à Toul et la base.

 Longue de 15 km, cette voie a été construite en 1951 pour les besoins de la base.

Elle longe les magasins et se termine à l'entrée de la base. Plusieurs fois par jour, des wagons sont livrés pour réapprovisionner en produits divers les différents entrepôts militaires et les magasins de l'AFEX.

A la fin de Manhattan avenue, au croisement avec Carolina street, à droite, vous vous dirigez vers le dépôt de munitions qui se trouve à l'extérieur de l'enceinte, vers le village de Tremblecourt.

Si vous tournez à gauche, vous trouvez le second terrain des caravanes (home-trailers). . Passez devant le terrain des trailers et remontez vers la piste. Vous allez trouver la fameuse prison...


Continuez jusqu'au croisement avec Darkwood avenue, tournez à gauche puis allez jusqu'au croisement avec Mempscad street.

Prenez cette route et vous découvrirez la tour parachute (pour le séchage et le pliage des parachutes) puis le tribunal...


en continuant vous passerez devant le link trainer, qui n'est autre que le simulateur de vol...

Ce bâtiment conservera sa vocation avec les Français, il servira aussi de Link-Trainer pour le F100, puis de simulateur de vol pour le Jaguar...


Il ne nous reste plus qu'à découvrir la zone des affaires, situées de l'autre côté de la voie ferrée après Manhattan avenue.

Six bâtiments parallèles se trouvent alignés.

Le premier est le bureau des impressions où l'on trouve tous les documents administratifs, le second, est un magasin où l'on vend des munitions pour les fusils, le troisième est un stand de tir pour les enfants.

Les autres sont réservés au bricolage, travaux sur bois, travaux photographiques, travaux d'art et de dessin.

 En face de ces bâtiments se trouvent une nurserie, une cantine civile et une station service AFEX.

Les jours de paie, cette station vend près de 7000 litres d'essence pour l'alimentation des grosses voitures américaines de 25 à 30 CV, notamment la célèbre BUICK...


Enfin, dernière visite de la zone vie, depuis l'entrée, si vous tournez à droite, en longeant la voie ferrée, vous allez trouver la laverie ou blanchisserie.

Employant de nombreuses ouvrières françaises, cette blanchisserie va fonctionner au profit d'autres bases américaines, notamment Chambley, Chateauroux, Etain, Phalsbourg, et Chaumont.

Une station d'épuration, propre à la blanchisserie sera construite près de la station hertzienne.


La zone technique comprend les escadrons, l'escale aérienne et son parking, les ateliers, la tour de contrôle, la piste, etc.

 Comme nous l'avons déjà dit, les escadrons sont autonomes.

Ils comprennent des bâtiments pour l'hébergement des pilotes, un mess, un hangar pour les avions...



La tour est en haut de la photographie, les pompiers sont également dans le bâtiment de la tour.

Sur le parc de l'escale, on remarque, à droite, les quatre hangars d'alerte, puis le grand hangar qui peut accueillir plusieurs avions et en bas, la zone des ateliers...

les avions sont des F86, on aperçoit aussi un C47 et un T33 qui équipaient les unités...



Une autre vue de l'escale, on aperçoit des F100D en ligne...et un C47 au fond.


Intérieur de la tour de contrôle avec une vue sur la piste et le taxiway...

nous avons fait le tour des principales installations de la base...

 

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