"Démolitions et constructions" tels ont été les deux maîtres mots des premières années. En effet, il fallait adapter, au plus vite, l'infrastructure existante et ce, aux besoins du moment.

Avec l'arrivée du F100,de grands travaux ont été lancés en 1968. On relève les mises en chantier suivantes :

Amélioration de la plateforme, avec la réfection du balisage de piste, la construction de la rampe d'approche côté Nord, l'installation du nouvel hangar au profit du groupe de réparation et d'entretien des matériels spécialisés (GERMaS 15.011).

On note également la mise en chantier des hangars au profit de l'escadrille d'avions de complément et la réfection du bâtiment 1804.

l'inauguration du nouvel hangar au profit du GERMaS 15.011 se fera le 9 décembre 1969, par le Colonel PEROTTE, commandant la BA 136. Ce sont 3000 M² de surface rénovée qui pourront accueillir 8 avions à la fois pour les visites périodiques. Les ateliers ne sont pas en reste, la rénovation apporte une salle de cours toute neuve pour l'EMI F 100, et, des ateliers réaménagés dans les bâtiments annexes...


  

 


  La base se modernise, elle est enfin dotée d'un réseau de communications à sa hauteur. Le 26 janvier 1970, le Général SIMARD, commandant les transmissions de l'armée de l'air, inaugure le réseau AIR 70.


 Le 7 juin 1970, la base aérienne organise une journée portes ouvertes. Les habitants des environs sont habitués à ce genre de manifestation, elle leur rappelle les journées organisées par les Américains...

La foule se presse, il y a des baptêmes de l'air à gagner, et une certaine curiosité à découvrir ces nouveaux militaires qui remplacent les Américains...

Pour cette première JPO, un petit train a été construit par le groupe d'entretien et de réparation des matériels communs (GERMaC 16.136), un moyen de transport original qui témoigne de l'esprit inventif de nos mécaniciens...

 
L'ancienne prison américaine se transforme en atelier missiles. Les SIDE WINDER des F100 sont entretenus dans ce bâtiment...

L'ancien tribunal de TRAB sert désormais de hangar de stockage pour le matériel de la section incendie.

L'ancien Bowling est démonté, il ne sera pas remplacé par une autre construction. La zone des affaires est nettoyée, les bâtiments servent pour le stockage du matériel, l'ancienne station AFEX est démontée, le bâtiment restera en l'état jusqu'à la fermeture.





Le 25 janvier 1972, le Colonel GOURET, commandant la base aérienne 136, inaugure la fillod de l'escadron de vol sans visibilité et de liaison. Cet escadron, composé d'un officier, d'une vingtaine de sous-officiers et d'une dizaine d'hommes du rang s'installe dans cette construction.



Le 25 mai 1972, la seconde "journée portes ouvertes " (JPO) est organisée sur la base. A cette occasion, un exemple spécial du journal "REFLETS" est édité. Cet exemplaire retrace tout l'historique du site depuis 1967.

Le 6 novembre 1972, le premier contingent de volontaires féminines rejoint la BA 136. Une mission insolite confiée à la base. Ces nouvelles "BLEUES" déclenchent une vague de curiosité, un métier, auparavant réservé aux hommes, vient d'être ouvert aux femmes.




Le 5 mars 1974, le Général GROUILLER, Commandant en second la FATac 1er RA, inaugure les nouvelles installations de la salle d'approche. La base aérienne 136 est la 34ème Base de France et de Navarre à bénéficier d'équipements modernes. La standardisation des équipements des unités de contrôle local d'aérodrome (CLA) permet d'installer, en moins de trois mois, un ensemble opérationnel composé de la vigie, d'une salle d'approche et d'une salle d'équipements techniques.


  





1976, la sécheresse sévit en Lorraine. La base aérienne 136 va participer à l'aide apportée aux agriculteurs. Le 27 juillet 1976, les agriculteurs de DOMEVRE-EN-HAYE, habitués à traverser la voie de chemin de fer, n'en croient pas leurs yeux...Un train de paille, tiré par le locotracteur de la base, pénètre dans l'enceinte militaire...
Un accord passé avec la fédération départementale des syndicats agricoles a permis de ramener des bottes de paille depuis la gare de Toul. Cette opération, menée à titre gracieux, permet aux agriculteurs locaux de récupérer la paille sans débourser un frais de plus pour le transport.
Une opération qui s'inscrit dans le cadre de l'aide humanitaire qui est désormais dévolue aux militaires Français...


L'aide des militaires ne s'arrête pas là, des citernes d'eau sont mises à disposition des éleveurs pour le bétail...


1975, la procédure de remplacement du F 100 par le Jaguar est mise sur pied. Elle aboutira le 25 juin 1977, date à laquelle, le dernier F 100 quittera la base. Le Colonel BOICHOT, commandant la BA 136, sera le pilote du dernier F 100.
Petite anecdote, l'histoire rattrape celui qui fut le premier pilote français à se mettre aux commandes d'un F 100, cela se passait en 1958 sur la base de NELLYS aux USA. 19 années plus tard, il est le dernier pilote de l'avion qui sera exposé sur une stèle à l'entrée de la base...

  Le Colonel BOICHOT, commandant la base aérienne 136, dévoile la plaque commémorative de la stèle du F 100.






Fer de lance de la FATac 1er RA, le F 100 vaut à la 11° escadre de chasse l'honneur de se voir confier la mission nucléaire tactique, et ce, dans le cadre de la 4° ATAF. Le 20 mai 1963, un F 100, aux couleurs de la France, porte une arme nucléaire pour la première fois. Lorsque la France quitte l'OTAN, la 11° escadre de chasse perd sa mission nucléaire.. Elle se voit confier d'autres missions comme la protection des bases françaises nucléaires, la défense aérienne haute altitude, l'appui au sol des troupes terrestres et l'intervention outre mer. C'est dans ce cadre que le premier janvier 1973, l'escadron 04.011 est créé sur le détachement air de Djibouti. Equipé de F 100, cet escadron forme la force de défense et de soutien dans ce coin du monde...


Les F 100 de la 11° EC auront effectué près de 205.000 heures de vol...

La cérémonie officielle se déroule le 25 juin 1977, elle débute par une messe en la chapelle Notre Dame des Ailes, cette messe est dédiée aux 15 morts, pilotes et mécaniciens, victimes d'un accident aérien à bord d'un F 100.
La cérémonie militaire qui suit est présidée par le Général de corps aérien FLEUROT, commandant la FATac 1er RA, c'est au cours de cette cérémonie que le Colonel BOICHOT dévoile la plaque de la stèle du F 100.


La construction de la stèle est l'oeuvre du SLC, en ce qui concerne le socle, et du GERMaC 16.136, en ce qui concerne la pose de l'avion. Ce F 100, restera sur son socle jusqu'à la dissoulution du DA 136. Il sera repris par la base aérienne 128 de Metz. Cette dernière devant être dissoute en 2012, l'aéronef pourrait revenir sur le site de Rosières, dans le cadre du musée qui doit être réalisé.






C'est l'équipe du Lieutenant LASSERRE, commandant le GERMac 16.136, qui a réalisé le montage. On le voit sur la photo au centre, à droite se trouve le Lieutenant-colonel FERRIER, chef des Moyens Techniques 10.136, et, à gauche, un inconnu du GERMac, sans doute...




Le dernier F 100 de la 11° EC quitte la base dans le courant de l'après midi, il effectue un dernier passage, accompagné de 9 Jaguar, le F 100 rejoint le Bourget, au musée de l'air.



L'ère du Jaguar débute sur la BA 136, l'infrastructure va évoluer en fonction des missions qui seront confiées au Jaguar...
Véritable "camion à bombes", cet appareil va acquérir ses lettres de noblesse avec l'armement guidé laser, il sera le précurseur du Mirage 2000D, servant de banc d'essais en grandeur nature pour tous les équipements AGL...





Le premier Jaguar qui rejoint la base est le 11 RA, biplace, piloté par le Commandant EYRAUD, commandant la 11° EC, et le Capitaine ROBERT.

Il se pose le vendredi 7 février 1975, à 14 heures 56 Zoulou, après un vol de 40 minutes.

 Il est le premier d'une longue série, son arrivée est remarquée, il est entouré de trois F 100, l'atterrissage s'effectue après l'éclatement de la patrouille dans le ciel de Rosières...

le 18 mars 1981, le Colonel PHELUT, commandant la base aérienne 136, trouve la mort en service aérien commandé. Son appareil s'écrase près du village de Martincourt. Ses obsèques sont célébrées le vendredi 20 mars 1981.



à gauche, le Colonel Phelut lors de sa prise de commandement, à droite, la cérémonie militaire des obsèques.


premier juin 1981, la section de défense sol air est créé sur la BA 136. Rattachée à l'escadron de protection, sur le plan fonctionnel, elle dépend , pour emploi, des moyens opérationnels 05.136. Les bureaux sont installés au PC3, le matériel est entreposé au bâtiment HB2, anciennement magasin de l'ERT 17.136.




Le canon, équipé de deux tubes, de 20 mm, appelé CERBERE, complète le vide existant au niveau des moyens de défense sol/air.

Le 13 novembre 1981, c'est un jour de chance pour la section de défense sol/air. Le Colonel GAUTIER, commandant la BA 136, inaugure les nouveaux locaux de la SDSA et,madame GAUTIER, épouse du Colonel, baptise le premier des 5  canons livrés par les établissements de fabrication d'armes de Bourges (EFAB).



3 mars 1982, création sur la BA 136 de l'escadron de missiles sol air (EMSA) 08.950  " WOËVRE" . Le nom de baptême perpétue désormais le souvenir des combats sanglants qui se sont déroulés dans cette vaste plaine au cours de la Seconde Guerre mondiale.





Le 7 octobre 1988, la base aérienne 136 reçoit son nom de baptême. Elle s'appellera désormais :

Base aérienne 136  "Colonel Georges PHELUT".

A SUIVRE...


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