La 26ème escadre de reconnaissance tactique aurait pu rester sur TRAB plus longtemps, mais la politique en décidera tout autrement. 

Le 7 mars 1966, le Général de Gaulle, Président de la République française, annonce l'intention de la France de se retirer du commandement intégré de l'OTAN.

Coup de théâtre, il demande aux américains d'évacuer les bases de France pour le premier avril 1967.
 

« La France considère que les changements accomplis ou en voie de l’être, depuis 1949, en Europe, en Asie et ailleurs, ainsi que l’évolution de sa propre situation et de ses propres forces ne justifient plus, pour ce qui la concerne, les dispositions d’ordre militaire prises après la conclusion de l’Alliance. »

C’est ainsi que, le 7 mars 1966, Charles de Gaulle – réélu trois mois plus tôt président de la République, mais au suffrage universel direct, par 55 % des voix contre 45 % à François Mitterrand – annonce au président américain Lyndon Baines Johnson le retrait de Paris du commandement militaire intégré de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN, créée en 1949).

Concrètement, la France, précise le général, « se propose de recouvrer sur son territoire l’entier exercice de sa souveraineté, actuellement entamé par la présence permanente d’éléments militaires alliés ou par l’utilisation habituelle qui est faite de son ciel, de cesser sa participation aux commandements intégrés et de ne plus mettre de forces à la disposition de l’OTAN ».

Certes, elle « est disposée à s’entendre avec [ses alliés] quant aux facilités militaires à s’accorder mutuellement dans le cas d’un conflit où elle s’engagerait à leurs côtés ». Bref, elle « croit devoir, pour son compte, modifier la forme de l'alliance sans en altérer le fond ».


Un an plus tard, c’est chose faite : le 14 mars 1967, le général américain Lyman Lemnitzer, commandant suprême des forces alliées en Europe (Saceur) et des forces américaines en Europe, préside, à Saint-Germain-en-Laye, la cérémonie de départ.

La bannière étoilée, descendue et soigneusement pliée, sera hissée au nouveau siège de Casteau, près de Mons (Belgique).

Au total, les États-Unis ont dû évacuer vingt-sept mille soldats, trente-sept mille employés et trente bases aériennes, terrestres et navales.

Enfin, le 22 août, les généraux Lemnitzer et Charles Ailleret, chef d’état-major de l’armée française, signent un protocole prévoyant le maintien des forces françaises en Allemagne sous le contrôle opérationnel de l’OTAN pour une mission et un temps donnés, en cas d’agression extérieure…


 

Ce sont 3500 Américains et leurs familles, ainsi que 540 employés civils Français qui doivent quitter le site de Toul Rosières Air Base…

La 26th TRW est transférée le 5 octobre 1966 à la 86th Air Division.

 Le 38th et le 22nd TRS se déploient à Ramstein Air Base qui accueille les 40 RF-4C.

 Le 22th TRS est affecté à Mountain Home dans l'Idaho un mois plus tard avec ses 20RF-4C.

Le 32nd est transféré à la 10 th TRW sur la base d'Alconbury, le 15 aout 1966, sans ses personnels ni ses équipements, ces derniers sont déployés vers une unité engagée dans la guerre du Vietnam, dans le Sud-Est asiatique.

Le 7544th Support Group est réactivé pour opérer la fermeture de la base de TRAB.

 Le drapeau Américain est descendu pour la dernière fois sur TRAB, le 21 mars 1967. 




 Un contingent de mécaniciens civils, dirigé par un chef d’équipe américain va rester sur TRAB pour maintenir les installations en bon état, pendant que les négociations sont entamées avec le gouvernement français…

Le surplus non transféré sera mis sur le marché local. La base sera versée au "Military Liquidation Section" à Paris. À la fin du mois de mars 1967 la base est sortie des livres de gestion de l'USAF. Le premier avril 1967, le 7544th est désactivé…

Le premier avril 1966, le SHAPE (Supreme Headquarter Allied Powers Europe) quitte la France pour la Belgique. Le gros des troupes US rejoint l’Allemagne ou retourne aux USA.

Les bases de Chambley, Etain-rouvres, Marville et les camps de Saint-Mihiel, Commercy et Bar le Duc sont fermés.

La Lorraine perd 3750 emplois en Meurthe et Moselle, 3046 en Meuse, 550 en Moselle et 235 en Haute Marne.

Les 40 dépôts et les 9 bases aériennes permettaient d’accueillir les 3/5ème du potentiel de guerre des USA.

Le secrétaire d’État, chargé des problèmes et de l’emploi, monsieur Jacques CHIRAC, annonce officiellement au cours d’un entretien avec la presse :


  «il est question de ramener sur la base d’Ochey et de Toul Rosières deux Escadres aériennes soit un équivalent de 3000 hommes… »



La 3ème escadre de chasse, stationnée à Lahr en Allemagne, regagnera la base aérienne 133 de Nancy-Ochey, la 11ème escadre de chasse, stationnée sur la base de Bremgarten, en Allemagne, rejoindra la base de Rosières, qui sera dénommée "base aérienne 136 Toul-Rosières".



La fermeture de TRAB est une grosse déception pour les habitants des villages avoisinants les bases américaines…

les journaux de l’époque ne manquent pas de couvrir l’événement, les articles sont nombreux et la polémique va bon train…il y a ceux qui sont pour et ceux qui sont contre…









Une nouvelle aventure aéronautique débute en 1967 pour le petit village de Rosières en Haye…





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