Le P-47 est le plus gros chasseur américain de la Seconde Guerre mondiale. Il est produit à plus de 15.000 exemplaires. Sa grande taille et sa construction robuste lui ont valu le surnom de " Jug " abréviation de "juggernaut " soit " le fléau ".

Le 25 novembre 1944, Rosy accueille un escadron de P-47 D Thunderbolt, il s'agit du premier escadron du 354th Fighter Group qui vient de finir sa transformation. Rosy est toujours en travaux, il n'y a que quarante alvéoles de construits sur les 153 prévus.

Le poids des P47 va causer d'autres problèmes. Les chemins de roulement n'acceptent pas la masse des appareils. Ces gros oiseaux sont décidément trop lourds pour l'épiderme délicat de Rosy. Les missions, confiées au 354th, imposent des rotations d'appareils phénoménales. Trente à quarante appareils décollent de Rosy. Certains avions font quatre rotations par jour.

Les sapeurs vont travailler nuit et jour pour réparer ces chemins de roulement et la piste.

Les plaques PSP sont soulevées et de grandes pierres larges sont glissées dessous. Autre problème, vu la taille impressionnante des P47, les alvéoles sont trop petits, il faut agrandir ceux qui sont déjà construits et revoir les plans pour les autres. Et pour combler le tout, voilà que la boue se met à remonter.

Sur Rosy, il n'y a pas de repos possible pour les hommes ni pour le matériel. Le constat est vite fait. Ce n'est qu'en ajoutant des pierres que la piste peut rester opérationnelle. Alors le "big boss" demande, par radio, qu'un concasseur de roches soit envoyé sur Rosy. Il y en a bien un, en réparation, il servira de réserve lorsqu'il pourra rouler. Le travail d'empierrement se poursuit jusqu'au 3 décembre 1944, date à laquelle la piste de Rosy est enfin déclarée opérationnelle.






Pilotes du 354th Fighter Group, de retour de mission. De gauche à droite, le capitaine James D. Dalglish, le major Glenn T. Eagleston, le capitaine Orrin D. Rawlings, et le 1er lieutenant J. Loyd Overfield. Les pilotes se rendent sous la tente du débriefing







Le major Don M. Beerbower, commandant du 353rd Fighter Squadron dans son P 51. Le 9 août 1944, il est crédité de 15 victoires et demie, lors de l'attaque d'un aérodrome allemand situé à trois milles de Reims.


 

La construction de Rosy a demandé, tout de même, plus de 400.000 heures de travail et le maniement de 90.000 tonnes de pierres et de gravier.

La vie s'organise, tant bien que mal, sur Rosy. Pour sortir de la monotonie quotidienne, des clubs tentent de se former. On crée un club des hommes du rang, un club des officiers, les chefs sont un peu plus indulgents sur le règlement militaire, mais les balades à Nancy restent les meilleures attractions pour les hommes. Des liens se tissent entre les sapeurs et les habitants du village. Le docteur Donahue,  qui parle un français parfait, est même demandé comme parrain pour un baptême. Les Américains ont cependant une vue particulière sur le village de Rosières :

" Le statut social d’un villageois de Rosières se mesure à la hauteur du tas de fumier fumant qu’il a entassé en face de chez lui. Il y a une tradition qui perdure depuis des centaines d’années en Lorraine, la richesse et le prestige se mesurent en fonction de la hauteur du tas de fumier… selon la tradition, le fait de marcher dans le fumier porte bonheur, à condition d’y marcher du pied gauche… À rosières, la chance se trouve à chaque coin de rue… "

Il y a là une habitude de vie, qui dépasse l’entendement des Américains, habitués à vivre en milieu aseptisé. Rosières sera d’ailleurs baptisé " le village parfumé".

Autre vue sur le village, "le village semble garder la même apparence depuis toujours… c’est un village à majorité paysanne, les rues principales sont encombrées de crottin de cheval et de tas de bois qui sont les symboles de la France rurale… deux autres images types, le bétail couche dans le même bâtiment que les villageois et de nombreuses volailles se promènent en liberté dans les rues… "





Le colonel George R. Bickell, commandant du 354ème groupe de chasseurs-bombardiers de la 9ème Air Force.
Le Colonel Bickell est un vétéran des combats dans le Pacifique et un ancien commandant d'escadron au sein du groupe. Il a quatre victoires et demie d'homologuées sur Rosy.



L'insigne du groupe

Insigne composé d'un blason surmonté d'un aigle doré aux ailes déployées, portant une couronne avec une croix dans ses serres, deux épés entrelacées en arrière, et une maxime "vaillance au combat". Sur le blason, les trois couleurs des escadrons et un demi-cheval rouge indiquant que le groupe a volé sur P51 Mustang. À noter que la croix ressemble à la croix de lorraine…


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